Ils sont demandeurs d'emploi et sont des seniors dès 45 ans (...selon les critères européens). Ils s'évertuent dans l'agglomération nantaise à rappeler leurs compétences et leurs savoir-être aux sociétés.
« Notre association (1), créée en décembre 2007, est une prolongation du programme européen intitulé Senior attitude (2) dont nous avons fait partie. Nous avons voulu continuer à sensibiliser les entreprises pour garder les seniors ou les embaucher », souligne Christine Lacom, vice-présidente d'Action 456, association de demandeurs d'emploi non-cadres.
Une aide très importante pour les adhérents. « Quand on est licencié, le monde s'écroule. L'association permet de redynamiser les personnes. Nous organisons aussi des réunions mensuelles avec des intervenants comme la maison de l'emploi, un coach,... », explique Roger Sauvée, le président.
Cette association, unique en son genre, permet aussi de revenir sur les fondamentaux - CV, lettres de motivation - et travailler la gestion du stress, l'image de soi.
Rappeler l'intérêt des salariés d'expérience
Mais tous ses efforts sont vains si les entreprises négligent l'intérêt des salariés d'expérience. L'association s'efforce donc de le rappeler même si les déceptions ne manquent pas. Comme cet essai concluant au niveau du chiffre d'affaires d'une « senior » dans un magasin de prêt-à-porter, mais sans suite ; une débutante coûtant moins cher... Comme cette entreprise qui licencie tous les « anciens » avant de les rappeler plus tard... « Les seniors doivent être considérés comme des tuteurs dans une entreprise. Toutes les entreprises qui embauchent des seniors remarquent une stabilité et une régularité dans le travail. Mais il y a parfois de vrais gâchis avec des licenciements ».
« On sensibilise les sociétés sur l'intérêt des seniors et le message commence à passer. Mais on en est aux balbutiements », remarquent les adhérents.
Une aide très précieuse
Cette association est aussi une bouée de sauvetage pour des salariés remerciés. Rompre l'isolement est l'un des objectifs. « Il faut déjà faire le deuil du licenciement. Beaucoup arrivent en étant au ras des pâquerettes. Il y a parfois la perte d'un logement, le couple qui éclate. Certains reprennent confiance en eux et retrouvent un emploi. C'est encourageant ». D'autres attendent avec impatience de remettre le pied au sein d'une entreprise, avec le coup de pouce non négligeable de cette association.
Caroline Tréman
(1) action-456@nantes.fr. Adhésion : 5 €. Elle sera à Place à l'emploi à Saint-Herblain les 6 et 7 novembre.
(2) Ce programme visait à améliorer l'emploi des plus de 45 ans avec le Cefres (Centre de formation de recherche éducative sociale) de Nantes.