Branle-bas de combat à bord de la gendarmerie d'Ancenis hier aux alentours de 16 h 30. La sécurité civile a appelé : aux confins des communes de Saint-Herblon, d'Anetz et d'Ancenis, les démineurs sont tombés sur un nid de quatre-vingt-dix obus de vingt millimètres, ensablés au beau milieu d'un bras de Loire coincé entre la ligne TGV Nantes-Paris et le lit principal du fleuve.
Pas question de déplacer ces engins rongés par la rouille. Les gendarmes vont devoir sécuriser le site, les démineurs ont fait le choix de faire exploser les munitions sur zone.
« Régulièrement les municipalités concernées mobilisent les démineurs », explique le capitaine Jacquet, patron des gendarmes anceniens. « C'est récurrent : le niveau de la Loire baisse, la boire s'assèche, des munitions apparaissent au jour sur le sable ».
Un train nazi bombardé
Chaque automne, au pied de la ligne de chemin de fer, lieu-dit « Le Bernardeau », la boire livre son lot de munitions... depuis 64 ans. Le 12 juillet 1944 c'est ici que la RAF (Royal Air Force) a bombardé à quatre reprises, un convoi ferré allemand qui remontait vers l'Allemagne, chargé à ras bord de munitions.
Wagons en flamme, explosions... un feu d'artifice morbide qui a cependant épargné quantité de caisses de cartouches et autres obus, éjectés du convoi. D'habitude les démineurs collectent les munitions, les transportent dans un site sécurisé et les détruisent.
Hier à Saint-Herblon, quatre-vingt-dix obus ont sorti du sable le bout de leur ogive, trop dangereux ! « Plus gros qu'un pouce humain, chacun chargé de cinq grammes d'explosif, ce sont des munitions réputées instables », confie un spécialiste.
Site sous haute surveillance
Les quelques pêcheurs venus taquiner le gardon dans les parties restées en eau, ont été priés de lever le camp le temps que lesdites munitions partent en fumée dans une gerbe de sable.
Jean-Pascal Hamida