C'est dans l'air du temps. Le tourisme participatif se développe et a bien l'intention de faire parler de lui. L'idée ? (Re) découvrir une destination en compagnie de ses habitants. Cette semaine, direction Nantes. Car finalement qui mieux que les amoureux de la ville pour la faire visiter ? L'association internationale « greeters » (hôtes en français) présente en France seulement à Paris, a débarqué ici il y a maintenant un an.
De leur initiative est née la semaine du tourisme participatif, une manière pour la trentaine de bénévoles de se faire connaître et de promouvoir cette nouvelle alternative au tourisme classique. « Partir sans faire de rencontres, se résume, pour nous, à se déplacer. Les meilleurs souvenirs de vacances ne sont-ils pas toujours liés aux liens créés sur place ? » avanceSylvie Huron, « greeteuse » convaincue et présidente de l'association, une structure qui met en lien les étrangers et les autochtones. « Non seulement le touriste est acteur de sa visite mais, surtout, il s'imprègne d'aspects insolites de la ville que seuls les locaux connaissent. »
Nantes la cosmopolite
« Quand je voyage, je cherche toujours à établir des contacts avec les habitants mais ce n'est pas évident », raconte Enrica, Italienne d'origine. Membre de l'association, cette semaine, elle a décidé de faire découvrir à son tour, aux visiteurs, sa ville d'adoption à travers le regard des étrangers. Du Buck Mulligan's, rendez-vous des Erasmus, aux mosaïques des artisans italiens du 19e siècle, Enrica veut montrer ce métissage culturel qui fait, selon elle, la richesse de Nantes.
Dans une tout autre approche, Cécile choisit de révéler aux curieux les petits détails historiques et insolites des rues nantaises. Qui a remarqué que l'une des façades de la cathédrale se démarquait des autres ? Qui sait où se trouve, au coin d'une ruelle, un petit bout de manoir du 13e siècle ? « Autant de secrets que seuls les habitués peuvent confier ».
Autre regard, celui d'Anne. Elle propose un périple d'ateliers en ateliers, à la rencontre d'artistes locaux, avec, en prime, l'exploration de « tous ces coins sympas peu connus du grand public.
Une question d'état d'esprit
Tous bénévoles, les greeters s'adaptent souvent au gré des envies des voyageurs, leur seul engagement : rester deux heures minimum avec eux. Ça, c'est la théorie, car en pratique, « les liens se créent facilement, et ça finit souvent autour d'un verre entre amis », raconte Enrica.
Hors des sentiers battus, gratuit pour les « greetés », « sans contraintes » pour « les greeteurs » ; le tourisme participatif reste pourtant « en marge ». « C'est pour l'instant peu développé et surtout ça ne correspond pas à une demande de masse », précise Sylvie Huron. Sans compter qu'aujourd'hui « presque tout peut être participatif, alors les gens ne savent plus vraiment à quoi ça correspond », confie José Aubry, de Ecossolies, une des associations co-organisatrices.
Social, équitable, écologique, ou même participatif, en fait quelle que soit la forme de tourisme, tout est une question d'état d'esprit et ces nouveaux modes de voyage comptent bien trouver leur public et se décliner aux quatre coins de la planète.
Première semaine du tourisme participatif, du 23 au 30 avril. www.nantesmetropole.fr ; www.greeters-nantes.com
Julie VAN OSSEL.