Un nouvel outil contre le cancer à Saint-Herblain
Construit en Belgique, le cyclotron Arronax est arrivé hier, à l'hôpital nord de Saint-Herblain. Cet accélérateur de particules, l'un des plus puissants d'Europe, est destiné à la recherche en médecine nucléaire et au traitement de certains cancers. Mise en service prévue avant la fin 2008.
Comment ça marche ?
Mis au point en 1929 aux États-Unis, le cyclotron utilise l'action combinée d'un champ magnétique et d'un champ électrique pour faire tourner des particules à l'intérieur d'un gros aimant de quatre mètres de diamètre pesant 140 tonnes. Les particules décrivent des cercles de plus en plus grands. Lorsqu'elles atteignent la limite extérieure de l'aimant, elles sont éjectées puis projetées à très grande vitesse sur une cible, produisant des désintégrations d'atomes.
À quoi ça sert ?
Les radioisotopes (des médicaments radioactifs) ainsi obtenus peuvent être utilisés pour réaliser des diagnostics par imagerie scintigraphique ou pour traiter certaines tumeurs cancéreuses en les « bombardant » à bout portant. L'équipe de recherche de Nantes est la seule en France à travailler sur les radioisotopes produits à partir de particules alpha, cent fois plus efficaces pour détruire les cellules cancéreuses. Une première étude clinique chez des malades devrait pouvoir être réalisée dans les toutes prochaines années.
Pour quelles recherches ?
Le cyclotron sera aussi utilisé pour mener des recherches sur l'effet des rayonnements sur les cellules tumorales et les tissus sains, et pour mieux cerner la qualité des confinements de déchets nucléaires. Il servira également à la formation des chercheurs.
Combien ça coûte ?
Placé fin 2003 au rang des grands équipements scientifiques de France, le cyclotron Arronax va coûter près de 37 M€. Il est financé par l'État (8,4 M€), l'Europe (6,9 M€), et les collectivités territoriales dont la Région Pays de la Loire (14,6 M€), Nantes Métropole (3 M€), le Département de Loire-Atlantique (2 M€), ainsi que les régions Bretagne et Poitou-Charentes, le Département du Maine-et-Loire et Angers Métropole. Son coût de fonctionnement annuel, estimé à 1,5 M€, sera pris en charge par le CHU de Nantes, l'Inserm, le CNRS et l'Ecole des Mines de Nantes.
Est-ce dangereux ?
Le cyclotron, qui est un accélérateur de particules, ne contient aucun combustible nucléaire. La durée de vie des radioisotopes qu'il produit n'excède pas quelques jours. Installé dans un bâtiment de 3 000 m2, Arronax est en outre protégé par un blindage en béton de 3 m d'épaisseur interdisant toute fuite radioactive. À l'arrêt, le taux de radiation retourne en quelques minutes à son niveau naturel.
Que signifie Arronax ?
L'acronyme Arronax signifie « Accélérateur pour la recherche en radiochimie et oncologie à Nantes Atlantique ». C'est aussi un clin d'oeil au professeur Aronnax, un personnage de Vingt mille lieues sous les mers, le fameux roman de Jules Verne, né à Nantes en 1828.
X. B.
Presse-Océan