La pression monte pour le FC Nantes. Certes, il est toujours deuxième au classement de la Ligue 2, ce qui lui donne l'immense avantage d'avoir, comme le dit Ricardo Faty, « son destin entre ses mains ». Mais des signes de fléchissement sont apparus dans son comportement ces dernières semaines, en même temps que la concurrence se réveillait au pied du podium.
En clair, Nantes se rend à Brest (13e) ce soir dans la foulée de deux défaites en championnat et d'une élimination en Coupe de France, alors que la menace Bastia se fait plus pressante. Les Corses ayant battu Troyes vendredi, les voilà revenus à quatre points des Canaris, en sachant qu'ils ont un match en retard (contre Reims, à une date restant à déterminer) à disputer. Si les hommes de Michel Der Zakarian refusent de se dire inquiets, tout en reconnaissant, pour certains du moins, qu'ils se « posent des questions », l'enjeu des deux matches à venir est parfaitement cerné.
« À Brest, c'est un match charnière, estime Ricardo Faty. Il est important pour nous de repartir de l'avant. Car la semaine prochaine, on reçoit Bastia. Il ne faut pas les laisser espérer. »
Trois nouveaux blessés
Reste à savoir si Nantes, à nouveau frappé par une vague de blessures (Goussé, Pierre et Poulard ont rejoint Dossevi sur la liste des forfaits), a actuellement les moyens de reprendre autoritairement sa marche vers la remontée. Cette semaine, le staff, qui va donc revoir sa défense, s'est attaché à diversifier le contenu de ses séances, pour tenter de redonner du souffle à un jeu collectif déliquescent. « On a nos petits problèmes à régler dans le jeu, reconnaît David De Freitas. On doit faire mieux, et notamment s'appliquer pour terminer nos actions et faire mal à l'adversaire. »
Son partenaire, Frédéric Da Rocha, lui, parle d'être « plus inventifs et plus créatifs devant », ou encore « de tuer le match quand on a les moyens de le faire ». À Clermont et face au Havre, le capitaine estime ainsi que Nantes, même en ne jouant pas bien, avait eu sa chance. Et que finalement, la différence entre la période faste et cette mauvaise passe tenait surtout à ce réalisme en berne. D'ailleurs, contre Brest, au match aller, les Canaris l'avaient emporté 3-0, mais moins en surclassant leur adversaire qu'en se montrant « très efficaces ».
En Ligue 2, c'est manifestement la clé. Et Da Rocha d'enfoncer le clou d'un autre exemple parlant et plus récent : « Contre Le Havre, les Brestois pouvaient très bien mener à la mi-temps car ils jouaient bien. Mais à l'arrivée, ce sont les Havrais qui l'ont emporté. » Ce que Nantes cherchera à faire à son tour devant les caméras d'Eurosport. « On va là-bas pour gagner », a ainsi martelé un Michel Der Zakarian causant comme un menhir et tendu comme une arbalète.
Un autre signe que la sérénité s'est quelque peu évaporée.