Les chiens soleil à la maison de retraite
C'est une thérapie canine pour stimuler les sens. Avec ses trois chiens, Patricia va à la rencontre des malades Alzheimer. Reportage à Piriac-sur-Mer.
Végas, le chien golden retriever, Arawak le labrador, plus connu sous le nom de Chocolat et Badiane, la jeune bergère allemande s'engouffrent dans l'ascenseur avec Patricia . Direction le deuxième étage de la maison de retraite Louis-Cubaynes,à Piriac-sur-Mer, en Loire-Atlantique.
Comme tous les quinze jours, ils ont rendez-vous avec une vingtaine de pensionnaires atteintes de la maladie d'Alzheimer. « Le but consiste à utiliser les différents moyens de communication entre l'homme, la femme et l'animal, visant à améliorer la santé des personnes souffrant de divers troubles aussi bien physiques que cognitifs, psychologiques ou sociaux », explique Patricia.
Depuis dix ans, elle travaille à la formation des chiens pour aveugles et malvoyants. Un métier qui consiste également à former la personne à la compréhension et à l'utilisation du chien guide.
Et maintenant, le jeu des anneaux !
Aujourd'hui, avec ses trois chiens qui offrent « une présence apaisante, une source d'affection », elle utilise tout une série d'exercices pour relancer, ranimer la mécanique physique et intellectuelle défaillante des personnes âgées. Entrée en matière : « Madame, dites-lui bonjour. »
Végas, le golden, s'approche. Le contact est établi. Une caresse sur la tête du chien et quelques mots affectueux : « Comme tu es beau mon chéri » ! Chacun leur tour, les chiens vont chercher un câlin auprès des pensionnaires, dont certaines, plus familières des trois toutous, les appellent par le nom.
« Et maintenant, vous allez, lancer la balle au chien ! » La jeune bergère allemande a déjà pris les devant et tient dans sa gueule la balle jaune qu'elle est allée chercher au fond du sac de Patricia. Pour la plupart de ces femmes, très atteintes par la maladie, l'exercice est plus difficile qu'il n'y paraît. Mais, dans l'ensemble, elles y arrivent tant bien que mal.
On passe à une autre séquence. « Regardez bien, mesdames, on va faire le jeu des anneaux. C'est simple, il suffit de le passer au cou du chien. Que choisissez-vous comme couleur : rouge, vert, jaune ? » Malgré les handicaps, toutes réussissent avec la complicité des chiens, bien préparés, voire cabots sur ce coup-là. Avec, au bout du compte, la récompense de quelques croquettes que les personnes âgées se font un plaisir de leur donner.
Cela fait déjà plus d'une demi-heure que la séance a commencé. Certaines pensionnaires ont des fourmis dans les jambes. « Qui a envie de promener Vegas, Badiane, Chocolat ? » Les réponses ne se font pas attendre. Trois volontaires se lèvent.
En route pour une promenade dans les couloirs. Sous le regard bienveillant de la directrice de la maison de retraite, Florence Berbudeau, qui se souvient avoir rédigé son mémoire de DESS sur « l'intégration des animaux domestiques dans les maisons de retraite ».
Francis SALAÜN.
Ouest-France |