Le cargo ensablé retrouve la mer
Dix jours après son échouage sur la grande plage des Sables-d'Olonne, le cargo Artémis a retrouvé la mer et a mis cap sur La Rochelle. Un dénouement heureux, tout « en douceur ».
« Jusqu'ici, les tentatives s'étaient faites dans l'urgence, sans dispositif de remorque nécessaire, ni second remorqueur » faisait remarquer, hier, le préfet maritime Atlantique, tandis que derrière lui, au loin, le cargo Artémis reprenait le large.
Bassin de flottaison
Hier à 15 h 50, le plan de sauvetage, préparé depuis la fin de semaine dernière, a en effet porté ses fruits : des attaches renforcées permettant 160 tonnes au croc à l'avant et 65 tonnes à l'arrière, une « souille » - bassin de flottaison - creusée dans la plage à tribord du vraquier et deux remorqueurs Abeille, ont eu finalement raison des 3 500 tonnes échouées sur le sable depuis lundi 10 mars.
Deux remorqueurs
Tirés par l'avant par l'Abeille Languedoc, à seulement 45 % de traction, les 88 mètres ont pivoté, se détournant du remblai pour le large. Un second remorqueur, l'Alcyol, tenait l'arrière afin d'éviter tout basculement. Rapidement, le cargo a glissé dans la « souille », se remettant à flotter. Il s'est gentiment laissé guider vers des eaux plus profondes. Cap sur La Rochelle où il était attendu en soirée, toujours remorqué par l'Abeille Languedoc.
Anticipation
L'opération était initialement prévue pour ce jour, ou samedi, avec un coefficient de marée de 95 contre 88 hier, à 16 h 15. Pas négligeable quand « 10 centimètres d'eau jouent sur 100 tonnes en plus ou en moins sur le cargo ». Mais le mauvais temps attendu aujourd'hui, a obligé à anticiper l'opération de sauvetage.
« On y est allé tranquillement, en douceur, pour ne pas créer d'avarie » retrace Charles Claden, commandant des opérations de sauvetage. Ce jeudi, la mer était calme, mais sous les crânes « c'était la tempête » avouera-t-il ensuite.
Inspection et enquêtes
Pour le cargo, la route n'est pas tout à fait terminée : « Nous avons des raisons de penser que la structure du navire a souffert » indique le préfet maritime, Xavier Rollin. Inspecteurs de navire et société de classification vont ainsi ausculter l'Artémis, avant de le laisser reprendre la mer.
Quant aux deux enquêtes sur l'échouage ? « C'est en cours » indique Paul Lurton, directeur départemental des affaires maritimes.
R. L-M.
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