La marée noire glisse vers le terrain politique
Sur le front de la pollution aux hydrocarbures dans l'estuaire, les secours poursuivent le nettoyage mais les plages nazairiennes sont maintenant touchées. Les voies s'élèvent pour demander des comptes à Total.
Après le sud Loire, la marée noire engendrée par la rupture d'une canalisation d'hydrocarbures survenue, dimanche après-midi, à la raffinerie de Donges, a touché hier les plages du littoral nazairien. Des plaques de fuel lourd s'accrochent désormais sur le littoral. Toutes les plages de Saint-Nazaire à Pornichet sont fermées jusqu'à nouvel ordre. Les dernières constations ne sont pas non plus rassurantes. Selon la Préfecture « les reconnaissances effectuées indiquent des pollutions importantes dans l'avant-port de Saint-Nazaire mais en nette diminution dans l'estuaire ».
Sur le terrain politique et judiciaire
L'onde de choc ne sera pas qu'écologique et débarque désormais sur le terrain politique. François de Rugy, député Vert de Loire-Atlantique a saisi l'Assemblée Nationale d'une demande de création d'une commission d'enquête sur la sécurité des installations portuaires. « La fréquence de ces accidents autour des installations portuaires pollue trop fréquemment notre littoral ».
La réponse laconique de Total sur cette interrogation n'a pas varié : « L'enquête est toujours en cours la réponse sera connue ces prochains jours ». De leur côté les Amis des Collectifs Marée Noire demandent l'ouverture d'une enquête judiciaire et une « marche de la colère » est organisée samedi prochain, à Saint-Nazaire.
À terre et sur l'eau
Dans les sites les premiers touchés, dès la nuit de dimanche à lundi en sud Loire, comme sur les berges de Paimboeuf ou encore Corsept, le ramassage « grossier » sur les rives est presque achevé et le nettoyage en profondeur des digues débutera aujourd'hui.
Sur l'eau des moyens de lutte antipollution de la Marine Nationale interviennent aussi depuis hier, via l'Argonaute, un bâtiment de dépollution au phare de la Banche. Deux chalutiers remorquant un filet antipollution, guidés par un hélicoptère de la sécurité civile, se chargent des irisations dérivant dans l'estuaire.
Terminer avant Pâques
Aujourd'hui, encore plus de 300 personnes seront mobilisées. Reste à savoir quand le nettoyage sera achevé ? La Préfecture annonce que « tout sera terminé vendredi ». Mais du côté des secours on se veut plus réservé. « La Préfecture met la pression, mais les réalités sur le terrain ne coïncident pasforcément avec les souhaits ».
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