Il est tout juste 19 h 50. Plusieurs milliers de curieux se sont réunis sur le remblai des Sables-d'Olonne pour voir le remorqueur
Abeille-Languedoc tirer
l'Artemis vers le large. Certains y croient. D'autres s'avouent beaucoup plus pessimistes.
« Encore raté ! » Une voix vient de s'élever au milieu de la foule. Une étincelle a effectivement jailli à hauteur du cargo néerlandais. « Le câble a lâché », pensent la plupart des gens.
Le câble - ou plus précisément la remorque - a pourtant tenu bon. Logique lorsque l'on sait que celle qui avait été installée hier peut supporter une pression de 200 tonnes. Mais alors que s'est-il passé ? « C'est la pantoire qui a rompu au niveau du portage de l'Artemis », expliquera le préfet Thierry Lataste quelques minutes plus tard. « La pantoire ? C'est une sorte de fusible, précise le commandant Jean-Luc Gall, le représentant de la préfecture maritime. Cette armature en acier est installée sur le portage du bateau. Cela évite d'arracher le treuil du remorqueur ou même la tôle du cargo ».
Quoi qu'il en soit, le résultat est là. L'Artemis est toujours bloqué. Échoué au beau milieu de la plage. « Pourtant, je suis sûr qu'il a bougé », insiste un badaud. « Effectivement, le cargo a bougé de quelques mètres, confirme le préfet de Vendée. Mais il s'est recalé aussitôt ».
Les opérations avaient débuté dès 18 h, avant une mise sous tension à 18 h 30 et progressive durant plus d'une heure. Le capitaine de l'Abeille Languedoc a tout tenté. Comme il l'avait fait ces derniers jours « alors qu'il ne travaille pas dans de telles conditions météo habituellement, précise Thierry Lataste. Il l'a fait au regard de l'urgence de la situation ».
Une opération vouée à l'échec
Malheureusement, hier, il n'avait aucune chance de réussir. Comparé au jour de l'échouement, il n'y avait plus assez d'eau autour du bateau. « On avait perdu 30 à 40 cm à chaque marée ». L'opération était vouée à l'échec.
Aujourd'hui, tout n'est pas noir pour autant. « Il y a des aspects positifs, insiste le préfet. Déjà, on a évité dans les manoeuvres que l'Artemis soit emporté vers le remblai. Il est désormais dans une position satisfaisante. Il reste désormais au responsable du cargo à sortir tout ce qui peut représenter un danger et ce qui peut polluer. À commencer par le fioul. » Positifs, les commerçants le sont également. Les curieux devraient continuer à défiler pendant un bon moment. Une bonne chose pour le chiffre d'affaire.
Prochaine tentative à la fin mars ou en avril
Reste à savoir combien de temps l'histoire durera ? « Désormais, on a le temps de réfléchir et de mettre au point un plan efficace, prévient le commandant Gall. On a vu qu'il pouvait y avoir un coefficient de marée intéressant à la fin mars, mais on va étudier toutes les possibilités d'ici là. » La prochaine opération pourrait plus sûrement avoir lieu un peu plus tard. Vraisemblablement au début du mois d'avril.
Olivier Angibaud